Nuages toxiques

Iconoclaste non pas du tout. Conventionnel, monotone, stéréotypé, linéaire, conformiste, amadoueur, contrefait, fallacieux, assommant, mal fichu, désintéressant. Toutes les grosses ficelles sont mises en œuvre pour faire de ce premier roman un bon petit produit bien marchandisé pour les lecteurs n’ayant pas envie de se prendre la tête. Les collégiens vont adorer ! Les mêmes lecteurs peut-être qui regardent à la télé des émissions de merde en disant «je regarde juste pour voir comme c’est nul». Les mêmes qui peut-être veulent se vider la tête devant des spectacles abêtissants. Moi quand je lis une bédé je ne me vide pas la tête, j’aime bien que ma tête soit correctement remplie, je garde plein d’images et ma réflexion en est nourrie. Je ne vois pas pourquoi je tirerai le chasse de mon cortex ou que j’inonderai mes hémisphères de nuages toxiques et de bouses merdiques. Les critiques sont excellentes et le bouche-à-oreille fonctionnent très bien pour ce bouquin, ce qui montre son peu de valeur.

On dirait du Nothomb

Pas plus que je fume et ne bois je ne lis pas de feel good. Je hais cette addiction moderne. M’horripile cette littérature de gare de marchandises où tout est prévu pour effaroucher un peu mais donner à la fin au lecteur l’impression qu’il suce un cône à la vanille. Ce n’est pas que je trouve ce livre malsain, glauque, ce seraient presque des qualités dans cet océan de manque de profondeur. On dirait du Nothomb qui n’aurait pas eu envie de se fouler le poignet et gardant ses forces pour faire ses courses avant que cela ferme. Je trouve ce bouquin adipeux simplement ordinaire, agaçant, pétri de facilités, d’approximations et de clichés : l’ennemi à combattre de tout vrai auteur ! Les lieux communs et les incongruités sont foule. Les effets de style sont pitoyables et pathétiques. Rien n’est crédible, rien n’est vécu. Pas des tripes que du saindoux. On dirait du Gavalda, le somnifère des insomniaques !

Pas de quoi se fâcher

Que ce baume ait remporté un tas de prix littéraires en dit long sur l’envie des lecteurs de se taper des bouquins bien pensants, pas trop compliqués avec des phrases courtes et des retours à la ligne fréquents. Je respecte ces lecteurs qui sont des êtres vivants comme vous et moi. Ils ont parfaitement le droit d’aimer, d’adorer, de vouer, de célébrer n’importe quelles pages. Mon amitié leur est acquise. On ne va pas se fâcher pour un livre. Il y a tellement plus grave dans la vie !

La note positive

Je vais finir sur une note positive. Il y a quelques phrases bien troussées, quelques idées insolites et rafraîchissantes. Comme l’extrait suivant : «Chaque atome du corps humain se disperserait aux quatre coins de l’univers, entraînant une désintégration totale du sujet pendant une unité de temps extrêmement courte. Puis tout se remettrait à sa place. … plus l’orgasme était puissant, plus le temps s’allongeait. » Quelques élégances de style mais si peu et tellement noyées dans un fatras gélatineux que cela en devient anecdotique. Voilà c’était pour finir sur une note positive.

Vous parlez d’un titre !

Un mot sur le titre. Il est insipide et n’a pas demandé des journées de recherche. Ce n’est pas respectueux pour Philippe Delerm, Olvier Liron et tous ceux qui font des efforts pour trouver un titre qui pète… moi je vous le dis ! Si c’était la seule embûche… Je n’ai bien sûr pas dépassé la page 36, déjà qu’à la page 3,6 j’avais mille autres choses plus intéressantes à faire.

Nowowak.

12 commentaires sur « « La vraie vie » d’Adeline Dieudonné, 7/20 »

  1. je me disais bien que ton article était bizarre, quand tu disais que c’était un livre « feel good », je ne comprenais pas vraiment. Puis j’ai vu à la fin de ton article que tu n’étais pas allée très loin dans la lecture, ce qui explique cela ! car ce n’est pas vraiment ce que j’appelle un livre feel-good. (ça part quand même par moment en violences domestiques, torture d’animaux, et plus encore)

    Effectivement comme toi au début je n’ai pas accroché. Mais ensuite le ton a changé et c’était déjà préférable, et plus appréciable j’ai trouvé, plus de profondeur. Après que ce roman ait gagné autant de prix… effectivement ce n’est pas non plus ma meilleure lecture de l’année.

    Aimé par 2 personnes

  2. J’avais lu ta critique sur Babelio en juin 2019 alors que je venais de terminer ce livre.
    Deux avis différents. Le tien est bien argumenté. Il faudrait que je relise ma critique, mais de mémoire, je l’ai écrite juste après avoir fini le livre. D’expérience, j’ai appris qu’il valait mieux laisser reposer afin de lâcher ses émotions en amont à la vertu de faits objectifs.

    Un roman qui m’avait touchée. L’aimerais-je de la même façon aujourd’hui ? Aurais-je le même ressenti ? Je ne sais pas.
    En revanche, j’en garde un souvenir à fleur de peau un an après. Était-ce une sensation liée à une période ou plutôt une sensibilité qui m’est chère ?

    Je relis des citations. Le style est fluide et sans ambition particulière. C’est factuel.

    Je me souviens de deux passages forts. Sortis de leur contexte, le phrasé ne permet pas de presser le jus du frisson. Ayant encore pleinement en mémoire l’événement, cette relecture me gagne à nouveau :
    « Il m’a prise dans ses bras avec ses yeux »
    « Derrière sa bouche de plâtre peinte en rouge, la vraie bouche de Yaëlle a émis une plainte qui a gelé le soleil. Un long hurlement sinistre, ni humain ni animal. Elle vomissait un chagrin brut. Une douleur insondable qui semblait rejaillir après des années de silence. »

    Les appréciations différentes forment notre monde.

    Aimé par 1 personne

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