J’attends d’un livre plus qu’un bon moment ! Je veux qu’il me fasse grandir, bouger, mûrir, changer, m’élever ! S’il ne contient pas un zeste de révolution et que mes pavés restent à leur place sous mon lit je ne vois pas l’intérêt de l’avoir écrit ! Si cette chose reliée sans passion ne commande pas de me glisser sous la couette avec elle en tournant page après page comme on caresserait un corps féminin en s’extasiant de chaque découverte, je ne vois pas l’intérêt de l’aimer !

La lecture est plus que charnelle elle doit vous dévaster, vous foudroyer, vous flinguer, vous glisser des cyclones dans la tête et des ouragans dans les viscères ! On n’est pas indemne après la lecture d’un livre immense ! Je ne parle pas des bluettes qui vous donnent deux heures d’amusement sur une plage dont le sable est trop froid pour courir se baigner. Je parle des livres dont vous parlerez mille ans après ! Jetons dans l’oubli et l’indifférence l’absence de lumière sous le casque ! La bibliothèque rose trouve un public de plus en plus large de nos jours mais ne badinons pas avec cette torpeur qui ne confesse que des tristes siècles. Musset reviens !

Portons haut le débat car ces ébats si bas dont je me gausse possèdent la même différence qu’entre un caillou et une montagne. Chère vous, les monuments littéraires qui bouleversent votre existence sont de moins en moins nombreux. J’ai une mauvaise tendance au passéisme et à l’apologie du classique, c’est vrai. J’adore cracher dans la choupe quand le potage sent la guimauve. Je préfère encore l’odeur du moisi. La liste fumeuse de ces produits interchangeables savamment orchestrés pour ne pas fatiguer l’esprit est longue et je n’ai nul besoin de la dresser tant cette présente apologie à la beauté combat leur laideur.

 

27 commentaires sur « La thune ou la fortune ? »

  1. Je n’ai pas lu – et ne lis pas – que de grands livres. Il y a les livres de distraction, qui font beaucoup de bien aussi, et personnellement je n’ai pas toujours trouvé dans les « grands » livres ce que les autres disaient y trouver, nous ne sommes pas tous réceptifs de la même façon, qu’il s’agisse de moment dans la vie, de sensibilité, d’opinions, et que sais-je encore… Mais dans bien des livres j’ai trouvé la phrase qui me parlait, qui expliquait ce que je me demandais justement, ou établissait un parallèle entre moi et le héros du récit, et finalement, ce fut souvent le petit déclic discret qui ouvrait une porte…

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  2. Je n’au lu de léger que les affres de Bérurier (Céleste-Anatole de son prénom!) et de son acolyte « Antoine »et autres romans de son auteur. En l’absence de la série Noire, toujours ttalement incapable d’ouvrir un roman de gare et j’ai pris le train et l’avion un nombre considérable de fois! Je préférais alors, et de loin, me nourrir de lecture d’essais et de presse…., de magasines spécialisés. Je ne vais pas me mettre à la guimauve maintenant!
    L’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne!

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  3. Je dis qu’il en faut pour tous les goûts. Je tente de diversifier les miens.
    Certains « grands » auteurs me laissent avec l’impression de n’avoir que de la guimauve – justement – dans la tête. Il faudrait presque un dictionnaire particulier pour les déchiffrer!
    Mais là encore nous n’avons pas tous l’esprit fait de la même manière.

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      1. On ne peut guère comparer les deux, c’est une évidence…
        Je les laisse toutefois à leur magma intellectuel – le mien me semble déjà bien compliqué à gérer!
        Je ne lis pas pour autant de feel-good, littérure que je trouve dépourvue d’âme – d’ailleurs peut-on raisonnablement parler de littérature?

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  4. Il y a la littérature, c’est sûr, et le reste. Et je suis bien heureuse que tu parles de cette belle littérature volcanique et renversante que j’affectionne tant 😉

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      1. Je ne prône pas le feel-good et ne tue certainement pas la littérature en la défendant au quotidien chaque jour de l’année avec mes élèves : mais on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre ! Je fais chaque année passer toutes mes classes de 5ème de « je déteste le français et lire » à « j’adore le français » et « j’aime mieux lire ». Je prends chaque année des élèves qui détestent venir en classe et ne lisent même pas les oeuvres littéraires obligatoires chères à mon coeur pour les cours, alors s’il suffisait de parler de littérature pour la faire aimer, ça ne serait pas si dur ! Pour aider quelqu’un à monter, il ne suffit pas de parler du sommet, il faut avancer marche après marche avec lui sur le chemin. C’est ce que je fais. Je montre à tout le monde que les profs de français peuvent lire de tout, et parfois même des genres de divertissement faciles – et faire le tri dans ces genres-là – et qu’eux, même l’élève qui joue aux jeux vidéos, même la personne qui n’a pas fait d’études de lettres, peuvent aussi parfois lire des livres classiques. Sachant que le plus grand problème de mes élèves n’est pas qu’ils lisent du feel-good mais qu’ils ne lisent PAS DU TOUT ! Même pas des BD. Les gens ont une fausse image de la littérature comme étant souvent pas compréhensible pour eux, car ça, c’est pour les profs de français et les « intelligents », moi je montre qu’on peut tout lire. L’important, c’est mon classement et pas un seul feel-good n’est dans mes chroniques chef-d’œuvres. Si quelqu’un cherche parmi mes avis ce que j’ai trouvé comme Immense et Littéraire, c’est là qu’il le trouvera. Et ce n’est que mon avis, je n’ai pas la prétention, n’ayant pas lu toute la littérature classique, de pouvoir juger d’un livre contemporain comme étant de la littérature ou pas, ni de mettre une note sur un livre classique. Tu peux trouver ma façon de vouloir défendre la littérature mauvaise et inefficace, mais tu ne peux remettre en cause mes nobles intentions !

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      2. Si Keating avait montrer du Gavalda ou du Marc Levy le film ne serait pas fait !! Tout ça ce sont de mauvaises excuses. Prendre un Astérix est mille fois préférable voire l’Equipe plutôt que cette fausse littérature. Oui il vaut mieux ne pas donner des habitudes si elles sont mauvaises car le problème est qu’ils ne passeront pas de Legardinier à Zweig ! Faut pas se leurrer. Autant travailler les textes en impro sous forme théâtrale que de lire cette sous-merde. Il n’y aucune excuse pour faire la promotion du feel-good. Autant vendre du shit en disant que cela évite de prendre de la coke !

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      3. Ouf un point positif ! Le monde a changé, tout passe par l’image. Le feel good copie le processus en écrivant gros, en sautant des lignes à tout bout de champ, en simplifiant dialogues et descriptions. N’est-ce pa prendre les élèves pour des idiots que de vouloir y aller étape par étape en commençant par le plus mauvais ou lieu de commencer par le moins bon ?

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  5. Bonjour,
    Ce n’est pas un problème des feel-good et des lecteurs de ce type de littérature, c’est un problème de promotion et de tapage fait autour de ces livres. Pour ma part de lis de tout, afin d’avoir un avis éclairé, mais cet encensement excessif autour de la littérature « supermarché » m’agace ! C’est sûrement un moyen racoleur de faire vivre les maisons d’édition et peut-être de continuer d’éditer quelques bons romans.
    Soyons aussi conscient que la littérature de qualité, avec un vocabulaire soutenu, des absences de rythme soutenus… n’est pas accessible à tous. Soyons heureux d’y avoir accès.
    Emmanuelle

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    1. La littérature de qualité n’est pas toujours accessible à tous mais promouvoir en force ces pseudo-livres fait mal aux saints. Au temps de Musset l’inculture était plus grande pourtant on ne sortait pas en librairie des livres simplifiés pour handicapés ayant du mal avec les mots de plus de deux syllabes. C’est aussi le fruit d’une société de l’image, de l’immédiateté où l’effort est banni et ça c’est un phénomène nouveau et insoluble !

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  6. Absolument d’accord avec toi ! Pour moi, un livre est un moyen de transport, un passeport, une clé pour l’évasion. Lorsque je me plonge dans un livre, j’attends qu’il m’emmène quelque part, qu’il me fasse découvrir des lieux inconnus qui me feront rêver car un livre est pour moi un moyen de voyager vers des pays inconnus, un moyen de plonger dans l’histoire, de me fondre vraiment dedans et de prendre la place d’un des héros.
    Il est impératif que ce livre m’enrichisse, fasse travailler mon imagination, me cultive et m’incite à voyager dans un des lieux un beau jour.
    Ce bon livre doit retenir mon attention jusqu’à la dernière page sans que je ne devine quelle va être la conclusion de l’histoire contrairement à une majorité de « romans » actuels qui se ressemblent par leur trame et entretiennent un faux suspense car on devine la conclusion aux trois quarts du livre.
    Au cours d’une lecture d’un bon roman je veux avoir froid ou chaud, être heureux ou malheureux, être courageux ou peureux, tressaillir de bonheur et, avant la fin du livre, ressentir l’impatience d’un enfant qui guette son cadeau de Noël.

    Aimé par 1 personne

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