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   Ayant aimé une critique enthousiaste concernant une auteure du nom de Cat Clarke, je me pointe à la médiathèque pour en savoir plus long. Je ne la trouve pas. Sur ma liste je vérifie trois fois le nom de cette inconnue. Je mets un mal fou à trouver cette auteure non classée dans les romans. Je tape sur l’écran de recherche son nom et finit par découvrir un code énigmatique. Sa côte indique YA CLAR. Du chinois pour moi. Je fais donc la même chose que lorsque je suis paumé en voiture je demande non pas à mon GPS (Gonzesse qui Parle Seule) mais à une personne qui a l’air de connaître le coin, en l’occurrence une bibliothécaire.

–  Bonjour Monsieur, YA signifie : « Young Adult », le rayon est rangé là-bas à droite du distributeur de guimauve. Le « Young Adult » est une littérature qui s’adresse à des lecteurs âgés de 14 ans à 35 ans.

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  J’entre en pointillés sur ce territoire juvénile. Non sans appréhension. Je crains le détournement de majeur. J’observe entre les rayons young adult les lecteurs. Ils n’ont pas tous de l’acné. Des adolescents ou des personnes pas au courant qu’ils n’en sont plus. Certains feuillettent Harry Potter, Eragon ou Hunger Games. D’autres des romances pour collégiens ou de l’heroic fantasy. Je repère des noms comme Anna Todd, Suzanne Collins, John Green, Veronica Roth. Le vertige m’étourdit. Le fait qu’il existe un public pour ce genre de littérature signifie-t-il que cette littérature possède un genre ?

1) Il paraît que c’est mieux de lire ce genre de littérature, remplie d’espoirs bienveillants et de messages émouvants, plutôt que rien du tout. C’est vrai si ce n’est qu’un tremplin vers une prose plus ambitieuse.
2) Il paraît que c’est bien de lire ce genre de littérature, remplie d’espoirs bienveillants et de messages émouvants, parce que cela apprend aux jeunes inexpérimentés ce qu’est la vie. C’est vrai si ce n’est qu’un tremplin vers une expérience plus personnelle.

Ce terme « Young Adult » n’est-il pas un avatar du politiquement correct qui aurait récusé l’appellation « Littérature pour la Jeunesse » afin de ne complexer personne ?

En trouvant Cat Clarke je comprends tout. « We are Young » est un pavé très coloré écrit en gros caractères voire en gras. Les phrases ne dépassent jamais les dix mots. Les lecteurs ont le temps de s’identifier aux héros et héroïnes qui vivent d’incroyables aventures tout en partageant leurs interrogations sur l’amour, la sexualité, le lycée, la drogue, les parents, le mal-être. La première page ne me donne pas envie de contempler la seconde. Je fais l’effort. On dirait du Marc Lévy mais interdit aux plus de dix-huit ans.

Je repose le livre sur l’étalage rose bonbon, j’endosse mes 40 printemps de vieux réac et je me pose la question qui tue : quand la médiathèque va-t-elle ouvrir un rayon FG (feel good) ? Une question bien plus horrible me vient ! Quand la médiathèque va-t-elle ouvrir un rayon OA ! Une étagère vieux cons où l’on trouvera des livres en mauvais état, la page de garde à moitié arrachée, certains mots illisibles, qui marchent avec une canne, un dépôt légal antérieur à 1930. Les médiathèques sont les seuls endroits du monde où l’on accepte la discrimination.

« Plus tu creuses plus tu sombres ! » Ah non je me suis trompé la phrase exacte de présentation du livre en français c’est « Plus tu creuses plus c’est sombre ! » Je mets deux étoiles et demie sur Babelio (cliquez ci-dessous) car au moins ce genre de livres ne sollicitent pas d’entrer à la Pléiade ou de se présenter au Goncourt !

destouches

Nowowak

5 commentaires sur « YA, c’est quoi YA ? »

  1. C’est la première fois que je lis cette tranche d’âge un peu arbitraire pour définir la young adult. Pour moi c’est de la littérature jeunesse dans le sens littérature ado lycéen/étudiant, car c’est pas parce qu’on a 18 ans, que légalement on est majeur, qu’on est adulte pour autant. Une vraie définition de la young adult ne ferait pas de mal je pense… Parce que l’on met tout et n’importe quoi dedans, par exemple j’ai déjà lu une personne situant Cinquante nuances de Grey dans la young adult Oo Si on oublie l’aspect jeunesse de cette littérature, on se retrouve à mettre des titres qui ne sont pas sensés être destinés à un jeune lectorat…

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      1. Oups j’ai oublié un pas au début ma phrase, je voulais dire que c’était pas la première fois que je voyais donner une tranche d’âge arbitraire. Personnellement, je pense que la young adult est une bonne idée, cela permet une transition dans la littérature qui était trop peu présente avant.

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