Le cliché ne quitte les sentiers battus que pour entrer dans les lieux communs.

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Tout auteur digne de ce nom devrait les débusquer, les chasser, les pourfendre, les éliminer, les désagréger. C’est l’ennemi, le fléau ! Avec eux les phrases sont confinées, malades, sclérosées, banales alitées, insortables. Pourtant les auteurs en recherche de productivité en raffolent, ils aiment imiter le style ou plutôt l’absence de style des auteurs en vogue. Au lieu d’extraire le suc du monde, ils l’empoisonnent d’un art qui sonne faux.

Oui vous savez ceux qui pondent des phrases de quatre mots maximum afin de se rallier le public qui n’est habitué qu’à lire des dépliants publicitaires ou du feel good. Ceux qui sautent à la ligne à tout bout de champ pour éviter la confusion dans les esprits. Ceux qui raffolent des pléonasmes et prévoient en avance que le lecteur en sera gré. Ceux qui préfèrent les expression surannées afin de garder ses lecteurs en terrain connu. Ceux qui pensent que le style n’a aucune importance dans un roman. Ceux qui ont perdu leur gomme et se prélassent en chapitres interminables dont les longueurs n’ont rien d’océanes. Ceux qui adorent les bédés mais n’ont jamais lu de la poésie et qui n’entendent pas révolutionner la langue mais juste proposer un petit bijou bien manufacturé qui se vendra comme des petits pains à la sortie des fast food.

L’adversaire littéraire est le cliché. Ce monstre adipeux et hideux qui donne envie de s’arrêter dès les premières pages. L’art n’est pas vile imitation. Il s’agit de digérer le monde, de le restituer avec un élan nouveau, une parure plus belle ! Le but d’un livre n’est pas de faire passer un agréable moment au lecteur mais de le marquer à vie, de l’imprégner comme l’eau le sucre. Ces faiseurs d’histoires ne font que singer le néant dont il ne tire que de maigres consolations. Pas l’un de ces écrivains du dimanche ne rejoindra Baudelaire, Musset ou Victor Hugo. Ils n’ont pas le mot qui coule dans leur peau. L’écriture n’est pas leur seconde peau.

Nowowak

 

 

5 commentaires sur « La vie monacale de l’écrivain »

  1. Je peux témoigner, oui, de cette pauvreté liée à l’abondance. J’ai cessé un jour de lire, faute de ne plus trouver de plaisir à…. Et après avoir éclusé la veine des grands auteurs, effectivement.
    J’apprécie cette mention à la poésie, mise en relation à la BD, voilà qui est rare « Keuf-Keuf! » dirait-écrirait Gotlib (https://www.franceculture.fr/emissions/une-vie-une-oeuvre/marcel-gotlib-1934-2016-sa-bande-dessinee). Je suis de cette génération des premières diffusions de Blek Le Rock, Akim, Zembla,Pilote, Fluide Glacial, Charlie mensuel, etc. Et effectivement cela se rejoignait beaucoup aux lectures poétiques portées à la même époque par Barbara, Gainsbourg, Brassens, Brel, Léo Ferré, Reggianni, etc. invitant ainsi à entrer dans certains recueils et y trouver l’essence du mot et de l’esprit, Ha Ha Ha! Keuf-Keuf!

    https://etoile31.files.wordpress.com/2019/09/gotlib-dame-c.jpg?w=838&h=1220

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  2. Un bon écrivain prend le temps de se relire en acceptant de gommer. Il se remet en question.
    Il envisage, il dévisage 🎶
    Un soupçon de curiosité à peine dévoilé pour approfondir ses connaissances déjà fournies.
    Un bon écrivain aime les lecteurs qui s’enflamment et il fait tout pour attiser ce feu de lumière et de plaisir.
    Longue et heureuse vie aux personnages sortis de l’imagination de l’un d’entre eux ❤

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