Bien qu’en vacances, j’ai eu le temps de concocter cette critique pour Babelio, autant en faire profiter les lecteurs du blog sans attendre la reprise officielle des activités….

Ma compagne, ma femme, ma copine, mon alter-ego, mon âme sœur, mon épouse, ma chérie, ma nana, ma moitié d’orange, ma poule. Berk, berk, berk. Vivons le moment présent bordel de nouilles ! Arrêtons de dresser des plans sur la comète avec des gens qui n’ont rien demandé ! Le couple est un CDD pas un CDI. La vie est un CDD : nous allons tous crever, vous ne le saviez pas ? Que j’ai du mal avec ces possessifs liberticides ! C’est mignon dans l’intimité non sur la place publique. Pas  vrai mon amour ? La bonne définition d’un couple devrait être : « deux libertés qui en créent une troisième« .

Nous en sommes loin dans cet opuscule homoncule qui n’hésite pas à flanquer sur les rangs attitrés ce statut déshonorant. Honte, il n’est pas rare de voir sur les réseaux des quidams mettre fièrement en avatar leur moitié. Ridicule et mal au dos rend. Chaque être s’appartient en totalité, être seul est déjà être deux. Moi et moi, le couple idéal.  Spoiler : le conte de Platon (Chacun cherche sa moitié, in le Banquet) est de la foutaise.

Foenkinos a des capacités mais comme tous ceux qui connaissent le succès trop vite, il aime se vautrer dans la boue des facilités et extraire de sa digestion amorphe des aphorismes de bac à sable, le tout en se croyant génial. Il berce tantôt vers le côté obscur du feel good tantôt vers de la prose acceptable et cette feignasse assujettie aux diktats du market n’ose pas libérer sa plume du potentiel révolutionnaire énooorme qui sommeille en elle. DF est redoutable dans le style « je n’ai rien à dire mais je vais essayer de vous le vendre tout de même« . Dommage, car débarrassé de toute pression productiviste, il pourrait être un bon écrivain plutôt qu’un chroniqueur qui frais qu’amant tire sur la ficelle.

La mallette malicieuse, le front hardi, un talent indéniable, Fonfon est rompu à ce genre d’acrobaties verbales verbeuses et de joutes enjouées qui consistent à vous faire prendre un machin à pages pour un livre. Vous avez du bicarbonate dans votre cuisine ? On dirait du faux champagne. Du vin italien pétillant. Du Prosecco. Si vous êtes malade demain, tant pis pour vous. Cette cocasserie potentielle ne concasse pas grand chose. Les rots tiquent quand les temps pètent.

Bah il existe un public pour ce genre de bouquins privés de style ou copiant le style de ceux qui n’en ont pas mais qui vendent bien. La fameuse majorité en raffole de ces savonnettes qui sentent le parfum pas cher. Celle qui de temps en temps regarde une sitcom pourrie pour délasser ses connexions cérébrales fatiguées par un quotidien astringent ou suivant le niveau de culture du récipiendaire pour élever ses faibles contingences vers un rang honorable. Durant un long long long trajet en tégévé où vous allez retrouver votre demi et partager une bière, ça peut le faire. Malgré le voisin de droite qui bouffe du saucisson à l’ail et le voisin de gauche qui se coupe les ongles des pétons, ce truc bourré de pages peut officier à merveille et remplir sa mission simplette : passer un agréable moment en attendant un très agréable moment.

In’chat las, comme on dit chez les chélibataires.

Nowowak

4 commentaires sur « « Le Potentiel érotique de ma Femme » de David Foenkinos, 12/20 »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s