Boudeuse, elle s’installa pieds nus dans un grand fauteuil en mousse blanche, et de ses bras ramena ses genoux sous son menton et attendit.
Puis elle se leva sans me regarder, elle passa derrière la table en verre fumé en marchant du bout des ses jolis orteils.

J’avais peur parce que je pensais qu’on ne pouvait pas être heureux toute une vie comme je l’étais à cet instant. Donc, après je serai malheureux. J’avais peur.

Il y a déjà le ciel qui pleure, ce n’est pas la peine que je m’y mette aussi.

Je les observe, tous ces corps courbés qui se sont oubliés et je commence à comprendre pourquoi il y a tant de gens dingues.

Je tourne la page, cette fois je vais noter tout ce qu’il dit, ce n’est pas parce qu’il est risible dans sa grande blouse blanche un peu tachée qu’il faut que j’attrape une sale note … Et soudain, là, au milieu de feuille, je vois, écrit en grosses lettres majuscules, je vois, bien en évidence, « MALIKA », encore un coup de ma petite sœur. C’est terrible, elle veut toujours que je pense à elle !! Même le matin en me levant, je trouve des petits bouts de papier de dessins, signés « Malika », il y en a partout même dans mes livres de classe, vous pensez, ça fait drôlement sérieux, les profs croient que c’est ma petite amie et que je m’amuse à des prénoms évocateurs pendant qu’ils débitent leurs cours sur la Russie de 1768 à 1914, alors … moi, je me retrouve tout pantelant devant leur petit air malin de celui qui comprend tout, celui qui en réalité ne peut vraiment pas savoir. N’empêche que ce nom écrit en grosses lettres majuscules bien dessinées, ça me fait quelque chose … je vois le petit visage et les grands yeux verts qui me regardent en souriant et puis aussi les longs cheveux blonds qui tombent jusqu’à la taille … je me dis que Malika doit être en train de faire tranquillement des dessins au font de la classe tandis que les autres filles s’acharnent sur un problème d’arithmétique, elle doit rigoler en pensant que je vais trouver son nom sur une feuille de chimie…

Rien qu’en regardant les pieds nus des femmes on peut imaginer leur caractère. Etonnant, non ?

Notre langage n’est pas le même, nous avons appris les mêmes mots mais ils n’ont pas le même sens…

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