La spécificité de la littérature … n’est pourtant pas bien difficile à définir. Autant que la littérature, la musique peut déterminer un bouleversement, un renversement émotif, une tristesse ou une extase absolues ; autant que la littérature, la peinture peut générer un émerveillement, un regard neuf porté sur le monde. Mais seule la littérature peut vous donner cette sensation de contact avec un autre esprit humain, avec l’intégralité de cet esprit, ses faiblesses et ses grandeurs, ses limitations, ses petitesses, ses idées fixes, ses croyances ; avec tout ce qui l’émeut, l’intéresse, l’excite ou lui répugne.

Je me resservis de bourbon avant de lui répondre. L’agression dissimule souvent un désir de séduction, je l’avais lu chez Boris Cyrulnik, et Boris Cyrulnik c’est du lourd, un type à qui on ne la fait pas, au niveau psycho un mec à la coule, un Konrad Lorenz des humains en quelque sorte.

La vie devrait être un constant échange amoureux, que l’on soit dans l’épreuve ou que l’on soit dans la joie.

Nietzsche avait vu juste, avec son flair de vieille pétasse, le christianisme était au fond une religion féminine.

Seule la littérature peut vous permettre d’entrer en contact avec l’esprit d’un mort, de manière plus directe, plus complète et plus profonde que ne le ferait même la conversation avec un ami-aussi profonde, aussi durable que soit une amitié, jamais on ne se livre, dans une conversation, aussi complètement qu’on ne le fait devant une feuille vide, s’adressant à un destinataire inconnu.

L’amour chez l’homme n’est rien d’autre que la reconnaissance pour le plaisir donné.

Les seuls vrais athées que j’ai rencontrés étaient des révoltés ; ils ne se contentaient pas de constater froidement la non-existence de Dieu, ils refusaient cette existence, à la manière de Bakounine : “Et même si Dieu existait, il faudrait s’en débarrasser…”, enfin c’étaient des athées à la Kirilov, ils rejetaient Dieu parce qu’ils voulaient mettre l’homme à sa place, ils étaient humanistes, ils se faisaient une haute idée de la liberté humaine, de la dignité humaine. Je suppose que vous ne vous reconnaissez pas, non plus, dans ce portrait ?

Vêtues pendant la journée d’impénétrables burqas noires, les riches Saoudiennes se transformaient le soir en oiseaux de paradis, se paraient de guêpières, de soutiens-gorge ajourés, de strings ornés de dentelles multicolores et de pierreries ; exactement l’inverse des Occidentales, classe et sexy pendant la journée parce que leur statut social était en jeu, qui s’affaissaient le soir en rentrant chez elles, abdiquant avec épuisement toute perspective de séduction, revêtant des tenues décontractées et informes.

De même, un livre qu’on aime, c’est avant tout un livre dont on aime l’auteur, qu’on a envie de retrouver , avec lequel on a envie de passer ses journées.

2 commentaires sur « L’extrait du mardi #65 »

  1. J’ai aimé lire cet extrait
    « De même, un livre qu’on aime, c’est avant tout un livre dont on aime l’auteur, qu’on a envie de retrouver , avec lequel on a envie de passer ses journées. » cette phrase est si vrai

    Aimé par 2 personnes

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