La forêt recèle des visiteurs dont les poils drus effleurent les feuillages. Dans la brume de petits corps se roulent en boule en sentant les moiteurs qui approchent. Des odeurs de fauves ou des parfums de fleurs. Les yeux se lèvent vers le ciel et trouvent des nuages. Les cimes les abattent. L’atmosphère devient lourde. Les caresses de moins en moins douces. Les chants se sont tus. Une pluie méchante transperce les rêves.

Les lois de la nature sont troublées par la rudesse des hommes. Tous ne viennent pas ici pour planter des arbres. Leur musique est parfois odieuse. Des bruits de bottes. Du mauvais vent. Des machines qui écrasent le bois mort et le piétinent. Les insectes se sauvent de toutes leurs pattes. Piégée, l’écorce préfère durcir en sentant la hache du bucheron afin que le coup manque son but. L’arbre ne veut pas mourir. Son énergie se charge de sucs subséquents. De fulgurances.

Sa femelle acquiesce et encaisse. Elle casse une branche. Elle lâche des larmes. Elle perd ses bourgeons. Elle tombe à genoux. Brisée. La sève continue de couler et l’ancêtre songe aux repas qu’il ne fera plus. Ses envies étaient celles d’un arbrisseau qui veut grandir.

Nowowak

6 commentaires sur « Mort d’un arbre »

  1. Ce passage me plaît énormément et j’aimerais partager la citation sur Babelio en signant to pseudonyme avec ton autorisation.
    « Ses envies étaient celles d’un arbrisseau qui veut grandir. »

    Aimé par 2 personnes

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