Quand vous allez balancer en vrac ce que vous avez ressenti au jessu d’un quinbou de Virginie Despentes même pas fini d’engloutir… eh bien vous avez plusieurs options. Bande de veinards. Vous pouvez la jouer déglingos, narco-ta-mère, remixé du bulbe, exhib-sioniste sous les sunlights, genre dans la life Monsieur-moi-j’ai-tout-vu-tout-bu, je bosse en bermuda, je vis en coloc avec un crevard, je m’enfile du Lexomil en le noyant au rosé d’Anjou, je jouis ma race rien qu’en respirant, je kiffe pas que de la beuh et si ça te défrise va manger tes morts.

Vous pouvez la jouer Sainte-Vierge, Sainte Nitouche, phares éteints. Pas une critique mais la raisonnable et objective observation d’un chatoyant ouvrage sur l’élevage des vers à soie en milieu citadin. Le topo bourgeois du seizième : si tu me dis bonjour je meurs, pincé de la narine, la classe à Dallas, la régate à Houlgate, partagé entre délicatesse et distinction. Oui ça c’est le plan trognon et ça plaira aux balourdettes cette touche légèrement chochotte mais pas tant, genre si je croise dans la rue un pouilleux de gueux aussitôt je fais une infection urinaire. Mon cœur explose, mes synapses pétaradent, je file d’urgence aux urgences, je pique la place d’un con de covidé en salle de réanimation et si ça te défrise va manger tes morts.

Vous pouvez aussi la jouer authentique, sobre, tel que vous êtes. Sans les yeux qui dérapent et la portière qui claque. De façon atypique, avec un zeste de cynisme, un poil d’humour, une couille de distinction. Ce sera mon choix. Je vais donc la jouer épatant de pétulance, zéro excès, aucune médisance, avec un naturel assez désarmant pour me rendre inattaquable. Consensuel, obséquieux, louangeur, neutre, effacé, falot, pas hardi pour un sou, tout dans la fausse modestie, l’absence d’ego. Un style dépouillé et concis épousant le laconisme voire le lapidaire.

Ce background sonore et intempestif raconte l’histoire gourdasse d’une paire de jumelles (pléonasme me souffle mon dico mais dites-lui que je l’emmerde) qui cherchent leur étui. Cette prose déteint sur moi. Merde mon lave-linge est en panne. Pis ça sent le tabac froid et le vomi pas frais. Bon, assez spoilé, je passe directement au ressenti puisque Madame pendant que vous vous sapez comme une pouffe, en vous arrosant de Chanel acheté chez Monsieur-deux-euros, moi je n’écris pas des chroniques ou des critiques, encore moins des billets (c’est quoi cette connerie d’invention à la mords-moi le noeud ?), j’exprime des ressentis. Je ne me torche pas du coude hein ? Dans ce bouquin lu à loilpé en tirant sur un tarpé (ne croyez pas tout ce que je dis), je concluerai sagement en disant un viski en pogne que l’on retrouve avec bonheur l’ambiance despentienne qui ravit les petits comme les grands. Surtout les petits qui peuvent répéter les gros mots dans les chiottes pendant la récré.

La Virginie balance tout sur les mecs, ce sont tous des pédés qui veulent de la chatte. En gros. Je la fais courte. Ca suce pas que des glaçons dans ce bouquin où on pige grave ce qu’à longueur de journées les gonzesses endurent. Elles en bavent sévère. Les mecs font des manières mais l’idée principale reste de fourrer. Faut se faire belles pour pas les décevoir mais eux ils ne sont pas obligés de tout ce bordel ni marcher en talons, ni de se barbouiller la bouche et ni de s’épiler l’oignon à chaque fois qu’ils tentent une sortie en apnée. Les nanas en prennent aussi pour leur grade, pas croire. Bref c’est de l’écriture qui ne donne pas envie d’ouvrir la fenêtre et de gueuler au monde entier sa joie de vivre qu’on en boufferait par paquets de douze. C’est du Despentes. Pas joli joli mais putain qu’est-ce qu’il fait beau.

Nowowak

Un commentaire sur « « Les jolies choses » de Virginie Despentes, 14/20 »

  1. Despentes met ses idées en lumière sans fioritures aucune.
    Elle tranche trash, direct dans le lard.
    Son style déplaît car il dérange. Avant de publier Baise Moi, chez un éditeur de milieu de la contre-culture, elle a roulé sa bosse dans des chemins que nulles femmes ne sauraient aimer connaître. Despentes en a bavé sévère. Sa plume s’en ressent, les traits de son visage parlent d’eux-mêmes.
    Une chose est certaine, elle ne laisse personne dans l’indifférence, aimée ou non.

    Pour moi c’est toujours un grand moment de commencer un livre de Despentes, ou de relire des passages.

    Despentes, sans fard ni filtre. Crue, provocante… mais surtout authentique.

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