Les années 60 représentent sans doute la plus belle période de la société française. On sortait d’une sale guerre (pléonasme), on trouvait du boulot comme on voulait, on pouvait dire merde à son patron car dix autres nous attendaient, la radio jouait du rock, les gens se parlaient, ils se disaient bonjour dans la rue, un parfum de candeur régnait sur le monde. Les plaisirs étaient simples mais passionnants. Même dans les fast food on mangeait de la vraie nourriture.

Exemple parmi mille, j’aimerais revenir en octobre 2005, pour dissuader Monika Samaan alors âgée de 7 ans de s’asseoir à la table d’un KFC. La pauvre a été atteinte d’une encéphalopathie à la salmonellose suite à l’ingestion d’un sandwich au poulet de la chaîne KFC et a fini lourdement handicapée.

Dans ces années où le téléphone portable n’avait pas été encore inventé, où Sophia Loren et Jean Seberg nous faisaient chavirer, tout n’était pas rose. Les excès existaient mais on pouvait se lever le matin en imaginant un futur idéaliste sans voir des barrières surgir de toutes parts. On pouvait s’autoriser tous les rêves. Puis la mondialisation et le profit à court terme nous ont entraînés vers un capitalisme pur et dur où tout va trop vite. Personne n’a plus le temps de rien. L’individualisme est le roi, le mot magique est : consommer. le mal est fait : le confort et le fric sont devenus les seules valeurs. le point de non-retour.

Qui veut se dévouer pour nous délivrer de ce foutoir ? le bon vieux temps peut-il revenir ? Dans ce livre du grand King le fait de toucher au passé vous entraîne dans un tourbillon de folie angoissante et c’est bien normal. Les regrets ne peuvent qu’alimenter le stress et l’inquiétude. L’absence de regrets nourrit les remords ou l’irresponsabilité. Que choisir ? Il faut vivre avec son temps, dit-on. Moi j’aimerais bien casser la gueule à celui qui en 1970 m’a piqué mes billes.

Et si c’était à refaire ? Entreriez-vous dans ce placard pour appeler d’une cabine téléphonique votre père décédé ? Seriez-vous prêt a empêcher le chinois qui a bouffé du pangolin de venir baver dans nos assiettes ? Tout cela donne mal à la tête. Quelle idée de vouloir empêcher l’assassinat de Kennedy, tout le monde sait que pour tuer le monstre, il faut couper toutes les têtes à la fois, sinon telle l’hydre elles réapparaissaient en plus grand nombre.

C’est tout le système qu’il faut changer. Douce utopie. Feindre de croire toute uchronie possible permet de remplir des pages et des pages, de se perdre dans les détails, de s’épuiser en digressions aussi longues qu’un jour sans hamburger. Stephen King écrit jour et nuit, il ne dort pas. Il possède un placard qui lui permet d’écrire des pavés énormes et quand il revient il ne s’est passé que deux minutes. C’est son secret. Je tenais à vous le confier avant de partir dans ma penderie tuer les mythes.

Nowowak

2 commentaires sur « « 22/11/63 » de Stephen King »

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